L'empreinte du temps. Photographier les êtres et les villes au XIXe siècle
Exposition au Musée du Temps sur la photographie du XIXe siècle et son rapport au temps et à la mémoire
Dans un monde saturé d’images où chaque instant peut être capté, partagé et oublié en quelques secondes, il est difficile d’imaginer l’étrangeté radicale que représente la photographie à ses débuts. Lorsque le daguerréotype est présenté en 1839, il bouleverse profondément le rapport des individus au temps. En figeant un instant, la photographie inaugure une nouvelle expérience temporelle. L’instantanéité devient tangible, le passé devient visible, les disparus demeurent présents. Elle offre à chacun un pouvoir de retenir ce qui, jusque-là, échappait à toute saisie : les transformations des villes, les visages des proches, les détails fugaces de la vie quotidienne. Ainsi, comme l’a montré Roland Barthes, toute photographie se lit à travers la formule mélancolique du « ça-a-été », affirmation irrévocable d’un instant à jamais révolu, mais encore perceptible. À l’occasion du bicentenaire de la photographie, l’exposition "L'empreinte du temps. Photographier les êtres et les villes au XIXe siècle" initie, à travers les collections patrimoniales bisontines, une réflexion sur cette histoire complexe et sensible du rapport de la photographie au temps et à la mémoire.















