[PREMIÈRE] Dans une cour d’école, sept interprètes reviennent danser une pièce de Dominique Bagouet de 1987. Laurent Pichaud donne à voir ce que le temps fait à une œuvre — et comment des corps peuvent s’en emparer presque quarante ans plus
Dans une cour d’école, sept interprètes reviennent danser une pièce de Dominique Bagouet de 1987. Laurent Pichaud donne à voir ce que le temps fait à une œuvre — et comment des corps peuvent s’en emparer presque quarante ans plus tard.
En 1987, Le saut de l’ange de Dominique Bagouet et Christian Boltanski prenait vie à Montpellier dans une version qui s’appuyait sur l’architecture du lieu. Puis un film créé avec Charles Picq redonnait vie sous une autre forme à cette œuvre. Laurent Pichaud convoque aujourd’hui sept des dix interprètes d’origine de cette pièce, encore de ce monde, pour une adaptation in situ dans une cour d’école : terrain de jeu et espace du souvenir, architecture du temps qui passe. Plutôt que de remplacer les disparu·e·s, le spectacle fait de leur absence une présence — par la voix, par une moustache de farce et attrape, par une marionnette. Les costumes, la musique, l’interprétation : tout est réinventé pour faire sonner et danser le lieu, sans trahir l’esprit de l’œuvre. Une incarnation douce, posée sur le bitume, entre jeux et cérémonie.
PARCOURS D’ARTISTE : Laurent Pichaud Laurent Pichaud est chorégraphe et directeur de l’association x-sud art/site depuis 1996. Depuis sa première pièce conçue hors théâtre, Lande part (2001), il inscrit son geste chorégraphique dans des espaces et des contextes non spécifiquement artistiques : cours d’école, gymnases, monuments aux morts, paysages jumelés, friches urbaines. Ses projets in situ et de territoire — souvent construits avec des habitants, des migrants, des communautés locales — lui permettent de redéployer sa place d’artiste dans la société, en interrogeant ce que la danse peut apporter à des champs qui ne l’attendent pas : le politique, le social, l’anthropologique, le pédagogique.
Interprète, chorégraphe, pédagogue et chercheur, Laurent Pichaud expérimente des formats de partage variés — performances, conférences performées, écrits, documentations artistiques — faisant de chaque projet un espace d’expérimentation autant que de transmission. Il a soutenu une thèse de création : Faire de l’in situ dans les archives d’une autre artiste : Laurent Pichaud·Deborah Hay, en juin 2025. Il est actuellement en résidence de territoire avec le Pays d’Art et d’Histoire de la communauté de communes Aure et Louron dans les Pyrénées, et membre du conseil artistique des carnets bagouet, du conseil d’administration de Danse Dense à Pantin. Il est également complice de La Maison danse depuis de nombreuses années. Conception et adaptation in situ Laurent Pichaud Assistante Catherine Legrand Chorégraphie Dominique Bagouet Musique 12 variations op66 de Ludwig Van Beethoven Adaptation pour piano préparé et autres instrumentarium Pascale Berthelot Distribution Jean-Pierre Alvarez, Pascale Berthelot, Christian Bourigault, Claire Chancé, Catherine Legrand, Clément Li Cruveillé, Dominique Noel, Sonia Onckelinx, Michèle Rust et les absences présentes de Sarah Charrier, Bernard Glandier et Orazio Massaro

![Tamanegi [in situ]](https://www.lamaison-cdcn.fr/local/cache-gd2/68/c98d516c1a7219cbefc0c87fa9cbb5.png?1776854375)




