
Brouhaha
Véritable cartographie du conformisme, à la rigueur toute mathématique, Brouhaha montre de quelle manière le pouvoir s’empare des corps et des esprits.
Coordination artistique, musique POL Chorégraphie, performance Rakesh Sukesh, Manon Parent, Alma Palacios, Susana Panadés Diaz Scénographie, lumières Camilo De Martino Administration ars-longa Soumission impassible C’est pas à pas, sans violence coercitive, que l’individu entre dans le cycle de la soumission. En associant ingénieusement arts digitaux et danse, Brouhaha met à nu la mécanique froide de cette aliénation consentie. Édifiant! L’enchaînement des pas révèle parfois celui auquel les esprits se soumettent. Petit à petit, sans autre injonction que le respect des normes sociales, nous nous glissons à notre «corps acceptant» dans le rôle que la société nous assigne. Nul besoin d’ordres directs ou de démonstrations de force, ce dressage s’effectue dans la douceur, renoncement après renoncement, accommodement après accommodement. Pour rendre compte de l’assujettissement qui menace, individuel autant que collectif, Brouhaha procède par boucles. Celles qui organisent les déplacements, témoins d’un enfermement mental de plus en plus compact, et celles, musicales, qui fournissent son rythme hypnotique à la manipulation. Ainsi se dessine, implacable et froide, une mécanique de l’obéissance dont les rouages empruntent aux modes d’aliénation des sectes. Prenons garde aux structures qui façonnent nos comportements : invisibles, elles sont comme la main de fer dans un gant de velours… Véritable cartographie du conformisme, à la rigueur toute mathématique, Brouhaha montre de quelle manière le pouvoir s’empare des corps et des esprits. Un lent et efficace travail de sape dont nous ne sommes pas forcément conscient·es.









