
SĆURS
PiĂšce de Pascal Rambert mise en scĂšne par Anne Schwaller sur la relation conflictuelle et ambivalente entre deux sĆurs.
Marina et Audrey sont sĆurs et ne se sont pas vues depuis des annĂ©es. Lorsque lâune fait irruption sur le lieu de travail de lâautre, les mots et les Ă©motions dĂ©ferlent : rancunes dâenfance, blessures passĂ©es et colĂšres actuelles jaillissent en cascade. Toutes deux sont cruelles, dĂ©passent les limites et dĂ©versent ce quâelles ont sur le cĆur Ă la figure de lâautre. Pour vider leur sac bien sĂ»r, mais aussi, peut-ĂȘtre, pour rĂ©tablir le lien et se garder lâune prĂšs de lâautre encore un peu.
Ă travers une Ă©criture aussi assourdissante que prĂ©cise, Pascal Rambert rĂ©ussit Ă dire toute lâambivalence du lien sororal : tour Ă tour lieu de lâaffrontement et de la rĂ©conciliation, la parole gonfle et sâĂ©tire jusquâĂ prendre tout lâespace. Plaçant la recherche du rythme au cĆur de son approche, Anne Schwaller prolonge la dĂ©marche de lâauteur et dissĂšque sur scĂšne le lien qui relie les deux sĆurs, quoi quâil arrive.
En vĂ©ritable cheffe dâorchestre, elle travaille les rĂ©pliques Ă lâoreille, façonnant les voix des comĂ©diennes Marie Druc et Caroline Gasser Ă la recherche du souffle juste, des intonations, du tempo. Des silences. Car tout ne se dit pas quâĂ travers les mots : leur absence est elle aussi centrale, tissant en sous-texte un dialogue silencieux Ă une trame universelle.


