
Chicken Soup
Projection du film Chicken Soup de Caroline Milcent, comédie sociale sur l’immigration et la vie new-yorkaise
Les Etats-Unis s’apprêtent à élire Trump de nouveau et Lili, jeune femme impétueuse et fauchée, brillamment interprétée par Louise Leroy, vit de petits boulots à New York et vient de se faire larguer par Seth. Après une ouverture in media res drôlement efficace, une séquence truculente met en scène le groupe d’amies de Lili dans un débat absurde sur le fait d’enlever ou non ses chaussures chez soi et chez les autres.
Les dialogues sont vifs, manient joyeusement les clichés et donnent le ton de cette comédie corrosive menée tambour battant. Chicken Soup, premier film épatant de Caroline Milcent, sait forcer le trait tout en finesse. Après une première partie qui enchaîne les situations sociales à potentiel burlesque, Lili - qui porte le même nom que la chienne de la famille dont elle garde les enfants - se voit approchée par deux flics tandis qu’elle balade la marmaille.
Tout bascule quand, après quelques échanges badins, ces derniers lui demandent la fameuse green card qu’elle ne peut présenter. En situation irrégulière, la jeune femme se voit embarquée dans un périple où le comique de situation que sécrète le film rejoint l’absurdité d’un système migratoire inique et insensé. Si le film ne délaisse jamais une forme de tendresse, il ne tombe pas dans le drame social. On ne s’inquiète jamais tout à fait pour Lili : Chicken Soup joue aussi des privilèges que lui confèrent sa nationalité, sa jeunesse et son origine sociale, qui la protègent. Mais on rit jaune.
Pas de « good cop » ici. Ils ne sont même pas patibulaires. Simplement médiocres, plus intéressés par leurs donuts que par leur travail, accomplissant sans états d’âme des procédures humiliantes et sans queue ni tête. Ça se termine bien pour Lili. Mais en sous-texte, on le sait, voilà qui aurait pu très mal tourner.











