
Les métamorphoses de Guernica
Expérience immersive VR de 15 minutes qui reconstitue Guernica et ses lieux historiques au Musée national Picasso‑Paris
Le voyage de Guernica en réalité virtuelle
Musée national Picasso-Paris
L’EXPÉRIENCE
Guernica, la grande toile peinte par Picasso après le bombardement d’une ville basque en 1937, n’est pas à Paris : elle est conservée à Madrid, au musée Reina Sofía. Pour la faire revenir dans la ville où elle est née, le Musée national Picasso-Paris présente, du 8 avril au 6 septembre 2026, « Les métamorphoses de Guernica », expérience en réalité virtuelle de quinze minutes signée Nicolas Thépot.
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Le paradoxe peut surprendre : le Musée national Picasso-Paris réunit l’une des plus riches collections publiques consacrées à l’artiste, mais pas Guernica. Peinte à Paris en 1937, la toile est installée de manière définitive à Madrid, au musée Reina Sofía. Le musée parisien conserve en revanche tout un ensemble lié à sa genèse – études préliminaires, archives, photographies –, que l’on peut retrouver dans ses collections permanentes. C’est cette absence, le tableau lui-même, que la réalité virtuelle vient combler, en reconstituant une œuvre qui mesure près de huit mètres de large sur trois mètres et demi de haut.
Disponible en quatre langues (français, anglais, espagnol, mandarin), à partir de dix ans, dans l’auditorium du musée (niveau -1).
« Les métamorphoses de Guernica » se vit assis, dans l’auditorium du musée, un casque de réalité virtuelle (VR) sur les yeux. Pendant un quart d’heure, quatre décors se reconstituent autour de vous à 360 degrés : l’atelier des Grands-Augustins où Picasso a travaillé, Gernika réduite en ruines, le Pavillon républicain espagnol de l’Exposition internationale de 1937 où la toile fut dévoilée, puis les salles où elle a ensuite voyagé. Vous ne vous tenez jamais vraiment dans ces lieux : vous restez assis dans le musée, et le dispositif les fait surgir tout autour.
LA NAISSANCE DU TABLEAU
Au printemps 1937, la République espagnole, en pleine guerre civile, commande à Picasso une grande toile pour son pavillon à l’Exposition internationale de Paris. L’artiste hésite, et ses premières études tournent autour d’un motif classique, celui du peintre et de son modèle. Tout bascule le 26 avril : l’aviation allemande et italienne, alliée du général Franco, bombarde Gernika, petite ville basque, et fait des centaines de morts parmi les civils. Le 1er mai, Picasso trace une première esquisse ; une quarantaine d’autres suivront, et il ne lâchera plus ses crayons.
C’est là qu’intervient Dora Maar – de son vrai nom Henriette Théodora Markovitch. Artiste et photographe proche des surréalistes, compagne de Picasso, c’est elle qui lui avait trouvé cet atelier de la rue des Grands-Augustins. Chargée de photographier le travail pour la revue Cahiers d’art, elle garde la trace de la composition qui se cherche, des couleurs d’abord essayées puis abandonnées au profit du seul noir et blanc, plus grave et mieux adapté à la presse de l’époque.

