
Exposition : ce qui demeure
Installation photographique suspendue dans l’église Saint‑Pierre interrogeant la mémoire des lieux via nacre et transparence
Une proposition artistique centrée sur la mémoire des lieux, la disparition du regard contemporain et la persistance des traces du vivant.
Intention
Les photographies d’archives des églises rurales du Perche montrent souvent des intérieurs vides, silencieux et figés. Elles participent à une représentation du patrimoine où les lieux apparaissent détachés du présent. Le projet interroge cette construction visuelle et propose une autre lecture : celle d’une mémoire active, traversée par les traces humaines, visibles ou invisibles. L’objectif est de redonner une place aux récits discrets et aux présences effacées, en travaillant l’image comme surface sensible plutôt que comme document.
Corpus d’images
L’exposition repose sur une sélection restreinte de photographies d’archives issues de huit églises du Perche. Ces images présentent principalement des fragments d’intérieurs, choisis pour leur dimension intime, silencieuse et parfois énigmatique.
Intervention dans l’image : la nacre
Chaque photographie imprimée sur du calque est retravaillée par une intervention matérielle directe : des fragments de nacre sont délicatement intégrés à la surface des images. Ces incrustations ne cherchent pas à illustrer ni à décorer l’image, mais à introduire une présence supplémentaire, fragile et changeante. La nacre agit ici comme une matière de mémoire :
• elle capte la lumière • elle varie selon le point de vue • elle introduit une vibration vivante dans l’image figée
Elle suggère la présence des vies qui ont traversé ces lieux, sans les représenter directement. Ainsi, l’image n’est plus seulement archive : elle devient surface de réactivation sensible.
Dispositif de présentation
Les images ainsi modifiées sont intégrées dans des volumes imprimés en PETG transparent. Ces objets sont :
• légers • translucides • ouverts à la lumière
Ils ne fonctionnent pas comme des cadres, mais comme des enveloppes de l’image. Ces volumes sont suspendus dans la nef à l’aide de câbles blancs, fixés en partie basse aux bancs de l’église et en partie haute aux volumes. Ils semblent flotter dans l’espace, créant une tension entre stabilité et disparition.
Expérience du visiteur
Le visiteur traverse un espace suspendu entre présence et absence. Les images apparaissent par fragments, filtrées par la transparence du matériau, la lumière naturelle et les incrustations de nacre. Le regard devient actif : il doit recomposer, ralentir, interpréter ce qui se donne partiellement.
Relation au lieu
Le choix de l’église Saint-Pierre de Courcerault est essentiel. Le lieu n’est pas un simple support : il devient un élément actif de l’installation. Les bancs, la nef et la lumière participent à cette mise en relation entre un patrimoine visible et des mémoires invisibles.
Conclusion
Ce projet propose une approche sensible du patrimoine.
