
Ezkutuko materialak
Projection du film de Luis Esguerra mêlant science‑fiction et mémoire basque autour des sculptures d'Eduardo Chillida
Hypothèse : et si la science-fiction relevait en réalité du genre historique, comme une variante du documentaire ?
Le nouveau film du cinéaste colombien Luis Esguerra, établi au Pays basque, reprend — et réinvente — un conte utilisé sous la dictature fasciste de Franco en Espagne pour enseigner clandestinement la langue basque et la maintenir vivante à une époque de répression de l’identité basque par l’interdiction de sa langue et de sa culture.
Le point de départ est le suivant : faire du récit d’extraterrestres parlant euskara, venus observer la Terre, une méditation sur la mémoire, la transmission et l’énigme du réel. À travers des images suspendues entre la matière et le songe, Esguerra tisse l’histoire du conte avec la voix imaginée de la sœur d’Unai, le protagoniste — parti de la Terre à bord du vaisseau extraterrestre — ainsi qu’avec l’œuvre sculptée d’Eduardo Chillida.
Figure majeure de l’art basque à partir des années cinquante, Chillida a façonné la sculpture abstraite comme un dialogue avec la terre, l’espace et le paysage. Une note énigmatique relevée dans l’un de ses carnets — « Il existe une communication cachée dans tout ce qui nous entoure » — jette un pont entre la science-fiction, l’archaïque et le réel. Dans quelle langue parlent les sculptures ? Dans quelle langue le cinéma s’exprime-t-il ? Il existe une communication secrète, et peut-être les films portent-ils en eux les signes qui permettent de la déchiffrer.












