
Ambiance Pédale
Rencontres en mixité pédée à Toulouse pour débattre et partager autour de la vie homosexuelle et des luttes LGBTQI.
Rendez-vous en mixité pédée Ambiance Pédale à l'Impasse à Toulouse. C’est tous les 1er mardis et 3ème mercredis du mois. Contact et inscription à la mailing list : [email protected]
Les rendez-vous Ambiance Pédale c’est quoi ?
Et au fait, comment ça va les pédés ? Elles se portent comment les tapettes ? Ce n’est pas une blague, on a envie de prendre le temps de nous la poser vraiment, cette question : comment on la vit notre vie d’homo ?
Vu d’un peu loin, tout va pour le mieux pour les hommes qui aiment les hommes : le sida ne tue (presque) plus dans nos contrées, (presque) plus personne ne remet en question le mariage pour tous, Drag Race cartonne à la télé, et puis un grand nombre de députés RN à l’Assemblée Nationale sont gays – le droit d’être des fachos comme les autres, ne serait-ce pas là l’étape ultime de notre « intégration » ?
Cette vision stéréotypée de la normalisation gay est partagée par nombre de LGBT. Le besoin de se serrer les coudes face à l’homophobie appartiendrait au passé. Le temps des combats politiques serait terminé, puisqu’il n’y aurait plus rien à gagner. Avec l’arrivée des trithérapies du VIH qui ont relégué les questions de santé au second plan ; mais aussi avec Grindr et autres réseaux, plus besoin de quitter notre canapé pour se rencontrer. Nous n’aurions plus besoin d’espaces spécifiques pour débattre, se battre, se soigner, se rencontrer.
Conséquence : on a l’impression que de nombreux lieux de sociabilisation dépérissent. Qu’il s’agisse de lieux commerciaux, associatifs ou informels, seuls semblent rester des événements festifs ponctuels comme la Gayguette à Toulouse.
Dans les milieux plus radicaux, une partie des transpédégouines (TPG) a également acquis l’idée que les pédés étaient désormais des "hétéros comme les autres" : on y a vu se systématiser ces dix dernières années les zones en mixité choisie « sans mecs cis », écartant les pédés cis et obligeant les trans à justifier de leur transidentité (pratiques heureusement plutôt en reflux).
Sauf qu’en fait non, qu’on le veuille ou non, nous ne sommes pas devenus des hétéros comme les autres. L’héritage des luttes passées et la culture qui leur est propre continuent de forger nos manières de vivre et de nous définir. L’homophobie, certes moins palpable qu’autrefois, ne cessera jamais de nous agresser, ne serait-ce que parce qu’on en a intériorisé une partie.
Nous sommes, comme l’ensemble des personnes LGBTI, toujours surreprésentés parmi les personnes ayant des troubles psy, parmi celles qui font des tentatives de suicide ou des overdoses, ou encore à être victimes d’agressions sexuelles, de (cyber-)harcèlement ou de guet-ap.
