
Tamales
Atelier de cuisine collective et repas partagé par Maria Fernanda Ordoñez
Cet atelier de cuisine propose un moment de rencontre autour de la préparation collective de _tamales_, une recette qui demande du temps, de multiples mains, ainsi que l’échange de récits et d’anecdotes qui deviennent une partie intégrante de la recette. Cuisiner ensemble devient ici une manière de penser à la fois le collectif, la cuisine comme espace de transmission orale et les transformations de ces recettes dans des contextes de migration tout en valorisant le geste de préparer et d’envelopper un aliment à plusieurs mains en contraste à des formes de vie de plus en plus individualisées. Le tamal est une préparation présente dans différents pays d’Amérique latine : _tamales, humitas, hallacas, bollos, envueltos_. Son ingrédient principal est le maïs, un aliment qui structure de nombreuses formes d’alimentation et circule entre différentes géographies, portant avec lui des formes d’identité et de mémoire. Le tamal est généralement enveloppé dans des feuilles de bananier ou de maïs, puis cuit lentement à la vapeur. Cette préparation se fait souvent en grandes quantités et accompagne les festivités et les célébrations, tout en faisant partie du quotidien. Pendant la préparation et le temps de cuisson, un espace de parole, de partage et de réflexion s’ouvre autour de ce que ce plat peut évoquer. Il s’agit également d’associer la cuisine à des formes de dramaturgie, tout en réfléchissant à des systèmes de culture collective comme la milpa, une pratique agricole mésoaméricaine basée sur la culture partagée du maïs, des haricots et des courges. L’atelier propose de cuisiner ensemble, de réfléchir autour de ce plat et de partager collectivement le repas. \--- Maria Fernanda Ordoñez est une artiste visuelle et scénique dont la relation à la cuisine est liée à des expériences familiales, collectives et de travail. Issue d’une famille nombreuse en Colombie, elle a grandi dans un environnement où la nourriture occupait une place centrale dans les réunions et les célébrations. Ses grands-parents tenaient un restaurant familial et sa tante organisait des repas pour des événements, contextes dans lesquels elle participe très tôt à la préparation des aliments. Cuisiner et vendre de la nourriture devient ensuite une activité qui l’accompagne à différents moments de sa vie, y compris depuis son arrivée en Suisse, où la cuisine a été à la fois un moyen de subsistance et un espace de recherche, notamment à travers la préparation de repas collectifs pour des vernissages, festivals et espaces indépendants. Elle s’intéresse à la cuisine comme espace de transmission, de collectivité et de circulation des savoirs. La nourriture lui permet de penser les liens entre alimentation, territoire, mémoire, migration et ses dimensions écologiques et humaines. Elle y voit un espace où convergent des questions urgentes à partir d’un geste aussi fondamental que celui de se nourrir. Ce workshop a notamment été réalisé à l'espace eeeh! à Nyon, au FAR - Festival des arts vivants à Nyon, ainsi qu’au sein de l’association VoQueer à Lausanne.


















