
Brumes de chaleur / Couleur
Exposition sur les stratégies de couleur et perception avec oeuvres de Boileau, Maisel, Koyama et Galliot
La vision des couleurs dépend de la capacité d’un être vivant à percevoir la lumière que renvoie un objet. C’est pourquoi un être humain, un dalmatien, un rouge-gorge ou un papillon ne verront pas les couleurs de la même manière, leurs organes de vision n’ayant pas les mêmes dispositions.
Avec l’apparition des premiers procédés de photographie polychrome, la question de l’enregistrement des couleurs se pose, mais aussi la façon dont celles-ci sont restituées sur un support physique. À propos de la plaque autochrome, commercialisée par les frères Auguste et Louis Lumière en 1907, le photographe Edward Steichen écrit, enthousiaste, qu’il s’agit du « plus beau procédé que la photographie nous ait jamais donné pour traduire la nature ». La référence que Steichen fait ici à la traduction est importante car elle souligne que la couleur n’est pas une donnée constante. Les couleurs sont changeantes, sujettes à interprétation, en raison de la perception que l’on en a.
Les artistes présentés dans cette exposition font de la couleur un outil essentiel pour leurs créations. Par des jeux de transparence, l’usage de filtres et de miroirs, ou des expérimentations de matières et de textures, ils établissent dans leurs oeuvres des allers et retours constants entre masse et couleur, entre profondeur et planéité. Dans l’espace indécis qui sépare abstraction et figuration, à cheval entre deux et trois dimensions, ils trompent les mécanismes de perception du regard pour mieux amplifier les qualités expressives de la couleur.
Avec les oeuvres d'Anaïs Boileau, Philip Maisel, Koyama Taisuke, Laureline Galliot.


















