
Leonora Carrington
Rétrospective au Musée du Luxembourg réunissant 126 œuvres de Leonora Carrington, maîtresse du surréalisme et des métamorphoses
La Femme de Vitruve du surréalisme enfin célébrée
L'EXPOSITION
Le Musée du Luxembourg accueille « Leonora Carrington » du 18 février au 19 juillet 2026. Première rétrospective d'envergure en France consacrée à cette artiste surréaliste britannico-mexicaine, l'exposition réunit 126 œuvres.
DES ORIGINES ANGLAISES À LA RÉVÉLATION FLORENTINE
Le parcours débute par les années de formation. Née à Clayton Green (Angleterre) dans une famille d'industriels du textile, Leonora Carrington grandit entre gouvernantes et pensionnats catholiques dont elle est régulièrement renvoyée. L'héritage celtique transmis par sa mère irlandaise nourrit dès l'enfance un imaginaire peuplé de créatures fantastiques et de récits merveilleux.
Envoyée à Florence par sa famille, l'adolescente découvre les maîtres du Quattrocento au musée des Offices. Ce séjour italien marque un tournant décisif. L'art de la Renaissance lui révèle la puissance des compositions mythologiques et la richesse du langage symbolique. Elle commence à peindre en copiant les maîtres anciens, posant les fondements d'une technique solide qui ne la quittera plus.
L'œuvre Sisters of the Moon, Diana, datée de 1932, témoigne de cette période. Des figures hybrides y associent silhouettes humaines et références antiques. Le trait affirme déjà une liberté instinctive, éloignée des conventions académiques. L'artiste y esquisse le vocabulaire qui traversera toute sa production : fusion des opposés, présence animale, tension entre le réel et le merveilleux.
« Leonora Carrington » au Musée du Luxembourg éclaire ces années fondatrices avec rigueur. Le visiteur saisit la détermination d'une jeune femme qui refuse les destins tracés d'avance. Cette première section prépare les bouleversements européens à venir.
L'ENGAGEMENT SURRÉALISTE EN EUROPE
La suite du parcours plonge dans les années françaises. En 1937, Leonora Carrington rencontre Max Ernst à Londres lors du vernissage d'une exposition. Elle quitte l'Angleterre, s'installe avec lui dans le sud de la France et entre dans le cercle surréaliste. André Breton admire ses textes et intègre son conte La Débutante dans l'Anthologie de l'humour noir.
Le surréalisme amplifie son attrait pour l'alchimie et les savoirs ésotériques. Ses toiles gagnent en intensité ; les métamorphoses s'y multiplient. L'humain converse avec l'animal dans des compositions où les frontières entre les règnes s'abolissent. L'artiste ne suit pas le groupe : elle forge un langage propre, irrigué par une identité féminine affirmée.
