
9 minutes 43
Spectacle cut‑up de Bruno Geslin autour de Jean‑Luc Godard, une traversée brûlante de l’œuvre en 9 minutes 43.
Représentations scolaires
Résumé
Neuf minutes quarante-trois, c’est le temps qu’il a fallu à Anna Karina, Claude Brasseur et Samy Frey pour traverser le Musée du Louvre en 1964. C’est une séquence, un intermède dans le film Bande à part, avant que l’histoire ne tourne au vinaigre. De cette idée idiote, est née une autre idée tout aussi idiote, celle de faire traverser à huit comédiennes et comédiens de l’AtelierCité, l’intégralité de l’œuvre de Godard à toute vitesse. Qu’est-ce que ces deux courses folles, séparées par soixante années, autant dire une vie, racontent de nous ? De ce que nous étions ? De ce que nous sommes ? De ce que nous sommes devenus ? De ce que nous voulions être ? Plus d’un demi-siècle parcouru à la vitesse de la lumière. Ces jeunes gens pressés d’hier sont-ils toujours aujourd’hui, des frères et des sœurs ou de parfaits étrangers ? Et ne sommes-nous pas, peut-être, nous aussi devenus de parfaits étrangers à nous-même ? Neuf minutes quarante-trois, une éternité.
Pour les spectateurs qui viennent d’entrer dans la salle, tout ce que l’on peut dire ce n’est que quelques mots : Dragons de pacotille, lutte, critique, transformation, cahiers du cinéma, guerre d’Algérie, technicolor, géométrie, mauvais génie, montage, Palestine, sept cents signes, sémiologie, 1968, contradiction, dispute, langage, révolution, Herald Tribune … On m’a demandé d’écrire un texte de sept cents signes, sept cents signes, mais c’est quoi sept cents signes ? Et merde dit Pierrot après avoir allumé la mèche. Là des paroles et on n’entend rien, là du silence et on entend quelque chose. À ton avis, les ouvriers qui ont fabriqué le disque que l’on écoute, tu crois qu’ils ont chanté en le fabriquant ? Un spectacle, ça ressemble à un paysage ou à une usine ? Un peu des deux, mais ça, c’est une autre histoire. Et si tu devais continuer par un mensonge tu dirais quoi ? Bon, ben, maintenant c’est l’heure de la publicité.
Création 6 – 15 octobre 2026 au Théâtre de la Cité – CDN Toulouse Occitanie
Après Sur le chemin des glaces, captivante expérience scénique et filmique dans les pas de Werner Herzog, le metteur en scène Bruno Geslin entreprend une exploration au long cours de l’œuvre et de la pensée de Jean-Luc Godard. Scindée en trois volets, cette très prometteuse aventure théâtrale en mode cut/up démarre avec 9 minutes 43, spectacle mené tambour battant avec la troupe de l’AtelierCité. Assemblage de fragments de plusieurs œuvres pour en produire une nouvelle.
Le spectacle 9 minutes 43 que vous allez concevoir avec la troupe de l’AtelierCité s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large, baptisé JLG/CUT UP et axé autour de l’œuvre de Jean-Luc Godard. Bruno Geslin – Oui, ce projet rassemble trois spectacles, à la fois autonomes et concordants, qui correspondent à trois mouvements spécifiques dans la dynamique dialectique globale. Trouvant son impulsion initiale dans Bande à part (1964), 9 minutes 43 constitue le premier spectacle/mouvement.










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