
Planifier la fuite
Performance participative mêlant poèmes infusés, interventions dansées et flûte dans le jardin des Murs à Pêches
Le collectif La Fuite
Garance Buxtorf (poèmes infusés) · Ian Papez (danser le jardin) · Camilla Carroli (flûte)
C’est ce qu’il s’est passé lorsque nous nous sommes rencontré·es il y a six mois. Sans jamais nous le dire, nous cherchions toustes, à des endroits spécifiques, un espace de force, de protection et de respiration où il serait possible de fuir. Fuir l’isolement. Fuir l’administration française. Fuir une dépression. Fuir une violence sexuelle. Fuir une rupture. Fuir la pression financière. Fuir l’immobilité. Ce qui nous a lié·es, c’est ce désir commun : d’aller en fuite ensemble. Pour construire cet espace, il nous a fallu mobiliser nos joies, nos stratégies collectives, nos monstres, nos danses, nos mots et nos artefacts. Inventer un refuge mouvant, un territoire de transformation.
C’est dans l’improvisation que tous ces mondes se rencontrent. Ils s’harmonisent, se heurtent, se séparent, se répondent, souvent. Avec le temps et notre pratique collective au travail comme affective des mouvements organiques apparaissent entre nous, dans un va-et-vient constant entre intérieur et extérieur, centre et périphérie, solitude et collectif.
Le 28 juin, Garance, Ian et Camilla vous proposent une performance poreuse qui se déploiera tout au long de l’après-midi. Une performance qui mêle nos pratiques respectives et qui reste ouverte aux participant·es, aux visiteur·euses et aux spectateur·ices. Chacun·e pourra y entrer, en sortir, observer, contribuer, être guidé·e, ou simplement partager un moment de présence. Une œuvre en mouvement, traversée par les rencontres qui auront lieu ce jour-là.
À partir de 14h, nous cueillerons ensemble dans le jardin les plantes qui composeront une infusion. Chaque participant·e sera invité·e à partager une pensée : un espoir, une inquiétude, une image, un souvenir, un désir ou une idée persistante. À partir de cette parole, nous écrirons ensemble un court poème inspiré de la forme du haïku, sur une feuille comestible à l’aide d’une encre végétale. Le poème sera ensuite plongé dans l’infusion préparée avec les plantes du jardin. Peu à peu, les mots se dissoudront dans l’eau. La personne sera alors invitée à boire son poème. Les mots quitteront la page pour devenir infusion, puis corps.
Cette proposition est un temps de rencontre, d’écoute et de transformation. Une invitation à laisser les mots circuler autrement, à les voir changer de forme, à les accueillir en soi. À 18h, l’ensemble des haïkus écrits durant l’après-midi sera lu collectivement, accompagné par la flûte de Camilla et des interventions dansées.






















