Soutenance de thèse d'Elsa Minot le 15 juin 2026 à 14h à la Station Biologique de Paimpont
Réponses comportementales et spatiales du singe magot (Macaca sylvanus) face à l’anthropisation et conséquences sur sa conservation : vers une coexistence durable avec l’humain
Les activités humaines transforment les écosystèmes (climat, paysages, ressources et risques, par exemple) et impactent la faune sauvage. Le magot (Macaca sylvanus), classé en danger par l’UICN, a vu ses effectifs diminuer sous l’effet de la fragmentation de ses habitats, du braconnage et du surpâturage. Par ailleurs, la fréquentation des cultures par les magots a conduit à l’émergence de conflits avec les humains. Cette thèse porte sur l’impact des activités humaines sur les comportements, les déplacements et le recrutement chez le magot en comparant un site forestier et un site à l’interface entre forêt et cultures. Nos résultats montrent que la sélection des ressources dépend des bénéfices et des risques. Les cultures sont préférées aux ressources naturelles, permettant une optimisation de la recherche alimentaire, mais sont délaissées lorsque le risque augmente (par exemple en présence de gardiens). Face aux rencontres anthropiques, les magots peuvent augmenter leurs activités sociales pour limiter le stress. Le groupe à l’interface semble s’habituer aux interactions agressives, mais l’incertitude liée à l’intention de l’individu rencontré peut constituer une source de stress plus importante que dans l’autre site. Le recrutement d’immatures a diminué de moitié en huit ans dans le site forestier et est actuellement plus élevé à l’interface avec les cultures, suggérant une compensation de la dégradation des ressources naturelles par l’accès aux cultures. Cette thèse met en évidence les motivations des magots à utiliser les cultures ainsi que l’influence des activités humaines sur leurs comportements et démographie, apportant des éléments pour une coexistence durable.









