La naissance de la tragédie
MDCCCLXXI - Maxime Kurvers
Dans le cadre du focus "Travail théâtral" organisé par le T2G et Maxime Kurvers, retrouvez _La Naissance de la tragédie_ (création 2018). Quelles sont les conditions de possibilité minimales du théâtre ? Non pas son origine perdue ou sa nature authentique, mais, simplement, sa manière d’advenir. Dans La naissance de la tragédie, c’est hors du spectaculaire, loin des effets de fascination et des formes devenues ornements, qu’il se manifeste. Par la douceur et l’évidence d’une situation réduite à ses coordonnées essentielles : un acteur, sur scène, n’ayant rien d’autre à jouer que sa mémoire. Ses souvenirs conjuguent la fable des Perses d’Eschyle au récit fantasmatique de sa première représentation : c’est au théâtre de Dionysos à Athènes, en 472 avant notre ère, qu’aurait été donnée la plus ancienne des pièces produites en Occident. Mais qu’on ne s’y trompe : ici, nulle tentation de retour à un quelconque « âge d’or » de l’art dramatique. L’histoire et la fiction, le passé et le présent, l’affect et la rationalité sont pris dans un mouvement dialectique. À l’hommage rendu au vestige historique, non comme monument ancien mais strate contemporaine, répond la recherche infatigable de ce qui touche, parfois incidemment, nos capacités affectives. Une tentative de penser le lieu où, justement, la tragédie advient et lève sa splendeur.












