### **Au Panthéon, Bouchra Ouizguen compose la chorégraphie d’un essaim d’enfants, à l’énergie vive. Dans cet espace monumental chargé d’histoire, leurs présences mobiles et sensibles déplacent la du…
Au Panthéon, Bouchra Ouizguen compose la chorégraphie d’un essaim d’enfants, à l’énergie vive. Dans cet espace monumental chargé d’histoire, leurs présences mobiles et sensibles déplacent la mémoire du lieu vers l’intensité d’un présent partagé. Nahl —« abeille » en arabe—rassemble des enfants âgés de neuf à onze ans dans une expérience de danse fondée sur l’écoute et l’attention. Le monde animal devient un univers métaphorique, ouvert à leurs imaginaires et à leurs formes de présence. Comme l’abeille, qui agit sans rébellion et produit un bien qui dépasse sa propre survie, chaque enfant suit son propre rythme, entre élans, fatigue et suspensions, composant un organisme collectif en constante transformation. Ils roulent, sautent, chantent, crient, se taisent, s’immobilisent, ouverts au flux et à la circulation des énergies. Les interactions, fondées sur la disponibilité, restent réversibles : elles se font et se défont, laissent place à des assemblages fugitifs, des regroupements imprévus. Bouchra Ouizguen privilégie l’expérience immédiate d’un temps partagé, éphémère et intense. Dans ce lieu saturé de mémoire, et dans le cadre de l’exposition Vies minuscules conçue par le Centre Pompidou, ces présences circulent librement et déplacent l’attention vers ce qui échappe au récit historique.
