Sù! — LES CRIS DE PARIS
Spectacle scénique inspiré par Monteverdi mêlant chant, instruments et mouvement pour questionner élévation et chute
Sù!, entendu trois fois d’abord, puis répété inlassablement, est le premier mot chanté de ce spectacle. Dans le contexte du balletto de Monteverdi qu’il introduit, Sù signifiait « en avant », dans le sens de « allez ! ». Aujourd’hui, Sù peut être traduit par « en haut ». L’élan, le mouvement et l’envol, en somme, comme point de départ. Sù! illustre parfaitement la dynamique de notre première discussion, marquée par la découverte de nos préoccupations artistiques communes, la curiosité et l’impatience de voir nos complicités apparaître sur un plateau. Ce qui nous a réunis tout d’abord, ce sont les présences multiples de la danse dans la musique de Monteverdi, comme source d’inspiration d’un ballet imaginaire. S’y côtoient le sacré et le profane, le théâtre et la contemplation, le chant soliste et la polyphonie, la virtuosité vocale et instrumentale. L’idée n’est pas de danser sur cette musique, mais que ce soit la musique elle-même qui danse, et l’espace autour d’elle. Il s’agirait de démettre en scène le concert, en déshabillant la musique de tout ce qui n’est pas elle. Dans une lumière presqu’essentiellement manipulée par les interprètes eux-mêmes, une lumière qui ne fait pas que montrer, mais qui soustrait, qui floute, qui se déleste de ce qui encombre visuellement l’écoute, et une scénographie minimale, sans décors. Des corps, en revanche ; ceux de sept chanteuses et chanteurs, de sept instrumentistes (cordes frottées et pincées, orgue), de deux technicien.ne.s à vue et de nous trois. 14 corps en suspension, en lévitation, en apesanteur. Car c’est bien d’élévation dont nous nous préoccuperons. De l’élévation et de ses corollaires : la chute, l’équilibre et le déséquilibre, le poids… Ces notions physiques font également partie du champ lexical de la musique. La matière dramaturgique de ce spectacle a peu à peu surgi d’un maillage d’interrogations articulées sur ces parentés : Une musique peut-elle littéralement nous transporter ?










