
Le récit de la servante Zerline
Compagnie Bernard Sobel
Je n’ai rien trouvé de mieux aujourd’hui, et seulement pour l’instant j’espère, pour dire en peu de mots - ceux de Franz Kafka- la fragile raison d’être de l’ adaptation du texte de Hermann Broch “Le récit de la servante Zerline”. “ La bête arrache le fouet au maître et se fouette elle même, pour devenir le maître et ne sait pas qu’il ne s’agit là que d’une hallucination, produite par un noeud nouveau dans la lanière du fouet du maître” La servante Zerline fait partie d'une série de portraits qu'Hermann Broch a essayé de saisir de ceux qui habitaient le temps qui a précédé l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Zerline est comme les autres personnages qu'il a essayé d'épingler, "apolitique" dans la mesure où ils ne se sentent pas concernés par la politique et ne sont d'ailleurs pas en mesure de l'être. Ils flottent dans un brouillard sombre et nébuleux. Aucune de ces silhouettes n'est en quoi que ce soit "responsable" de ce qui va arriver. C'est justement cet état spirituel et moral qui a rendu possible la catastrophe qu'allait connaître le pays de Goethe. L'indifférence à la politique est en fait une perversion morale qui permet un état des choses qui semble être le nôtre aujourd'hui. Bernard Sobel.














