
Choreography of State de Tania El Khoury
Installation-performance de Tania El Khoury mêlant documents, vidéos et partition chorégraphique pour documenter et analyser violences d’État
Et si l’écriture chorégraphique pouvait produire la preuve des abus de pouvoir et de la violence d'État ? C’est le postulat de Tania El Khoury au fil d’une installation-performance combinant textes, vidéos, documents et performance en direct basée sur une partition de mouvements.
L’artiste libanaise y documente des cas spécifiques de répression, dont elle démontre le caractère systémique. Avec Choreography of State, Tania El Khoury aborde la chorégraphie comme une forme d’analyse, qui lui permet de mettre à jour un schéma : ce qui est perçu comme un ensemble de cas isolés et accidentels de violence perpétrée par l’État est en réalité conceptualisé et répété selon une dramaturgie calculée.
Pour cela, l’artiste rassemble les différentes formes sous lesquelles la chorégraphie est notée et archivée – textes descriptifs ou poétiques, dessins schématiques, systèmes d’analyse du mouvement, vidéo – et les utilise pour annoter un même incident. Dans l’espace de l’installation, la diffusion de ces éléments sur un écran coexiste avec la performance, plaçant le public en position de témoin, en situation de vigilance.
Ce projet est le nouveau chapitre d’une œuvre qui – depuis plus de dix ans – travaille l’interactivité avec le public et rend visibles les abus de pouvoir qui façonnent nos vies quotidiennes et politiques. Pour Choreography of State, elle s’inspire notamment de témoignages recueillis pendant la révolution égyptienne, où des activistes soupçonnaient que les violences sexuelles de masse étaient organisées par l'État. Le projet sera adapté en collaboration avec des artistes et activistes locaux pour documenter des cas spécifiques de répression et créer une mémoire collective de la violence.














