Exposition de portraits photographiques de Marilyn Monroe par Sam Shaw, capturant intimité et vulnérabilité (1954–1958).
La corolle blanche de la jupe de Marilyn soulevée par le courant d’air de la grille de métro, à l’angle de la 52e Rue et de la 5e Avenue… Invité par Billy Wilder sur le tournage de Sept ans de réflexion en 1954, Sam Shaw s’approche au plus près de ce qui se joue. Au plus près de la chair, baignée d’une clarté aussi radieuse que celle des étoiles dont la scintillation continue de nous atteindre, bien qu’elles se soient éteintes depuis longtemps. Trop de mots, trop de clichés, d’épreuves tirées à l’infini, commentées à satiété. La blonde platine la plus exposée au monde. Et cependant dans les portraits que le photographe new-yorkais a pris de l’actrice entre 1954 et 1958, quelque chose nous est signifié du mystère. De l’intensité d’une vie. De sa beauté. Et de sa vulnérabilité. La première rencontre date du tournage de Viva Zapata!, au moment où Sam Shaw commence à travailler pour divers studios de l’industrie cinématographique. Ils se lient d’amitié. Dans l’arène du cinéma le photographe contribue indéniablement à la performance de Marilyn. Elle se sent en confiance sous le regard de Shaw. Les photographies réunies entre ces pages sont autant d’images solaires : Marilyn au studio dans le rôle titre de Marilyn – bouche rouge rubis, barbe à papa de boucles plus blondes que blondes. De toutes les prises de vue réunies dans cette petite anthologie, celles opérées à Roxbury, la propriété de Miller dans le Connecticut, sont inoubliables. Rien de spectaculaire au demeurant. Des moments d’intimité heureuse. Mais le regard de Shaw n’a jamais été aussi tactile, jusqu’à nous faire éprouver la pâleur crémeuse de cette peau, pénétrer le halo de douceur et d’abandon de ce visage livré à lui‑même. Au verso d’un des tirages où le couple est adossé à un arbre, Marilyn avait noté : « Les films, c’est mon affaire, mais Arthur c’est ma vie ». Les images de Marilyn à sa coiffeuse, adonnée à la cérémonie rituelle du maquillage, offrent une troublante mise en abîme où se révèlent à la fois
