Exposition à la Cinémathèque célébrant Marilyn Monroe entre iconographie glamour et remise en valeur de ses performances cinématographiques
Célébrer la star, exposer l'actrice « Je peux être intelligente quand c'est important, mais la plupart des hommes n'aiment pas ça. » La célèbre réplique des Hommes préfèrent les blondes de Howard Hawks (1953) pourrait, dans un sens, bien résumer les choses : Marilyn Monroe affronte l'impitoyable système des studios pendant sa courte carrière d'actrice à Hollywood (1946-1962) et reste aujourd'hui autant déconsidérée, comme interprète, qu'adulée en tant que star. Du fait de ses possibilités scénographiques, l'exposition est particulièrement appropriée à l'opulence visuelle que Monroe cristallise dans les années 50. Sa trajectoire à l'heure du Technicolor et de l'écran large s'illustre par le matériel publicitaire glamour, la garde-robe sexy, les portraits d'artistes de renom (Eve Arnold, Richard Avedon, Andy Warhol…) mais aussi les actualités analysant chaque décision de la célébrité. Ou commentant sa disparition qui ouvre, à l'âge de 36 ans, le spectaculaire chapitre de « sa vie » post mortem. Cet héritage est célébré dans une installation inspirée de la culture ballroom que Madonna – incarnation de la pop culture dans sa capacité à s'approprier les tendances pour les faire rayonner – popularise bien avant Drag Race. Séparer la star de l'actrice ? Monroe est d'abord connue en tant que phénomène culturel, dont on se souvient à travers ses photographies davantage que ses films. Elle est plus rarement appréhendée comme une actrice qui incarne et compose des rôles à l'écran. L'un des enjeux de l'exposition est de remettre ses performances cinématographiques au centre et de proposer aux visiteurs de les regarder autrement. Car à ce jour, c'est comme si ses rôles étaient le simple reflet d'états émotionnels, éprouvés sur des tournages chaotiques, et plus proches de la névrose que de la mystérieuse profondeur psychologique des autres comédiens passés par l'Actors Studio.
