Opéra bouffe de Jacques Offenbach mis en scène par Valérie Lesort au Théâtre du Châtelet
Créée au Théâtre du Palais-Royal, le 31 octobre 1866, La Vie parisienne connaît aussitôt un grand succès. Quelques semaines après la première, le couple impérial a découvert l’œuvre, tout comme le tsar de Russie, Alexandre II, alors en visite à Paris pour l’Exposition universelle. Les deux auteurs de La Belle Hélène, Henri Meilhac et Ludovic Halévy, n’en sont plus à leur coup d’essai. Et le compositeur, Jacques Offenbach, sert à nouveau le livret avec brio grâce à des airs à la fois enjoués et audacieux. De surcroît, le thème de cet opéra bouffe est porteur : tandis que l’on vient d’inaugurer la gare du Nord (1866), ou le Théâtre du Châtelet (1862), La Vie parisienne décrit un quotidien où règne le plaisir. Devenue ville-monde, la capitale qui rivalise avec Londres attire désormais les artistes, les hommes d’affaires, mais aussi les touristes… et cet opéra bouffe décrit les rencontres, burlesques, entre ces différents acteurs. Comme on le voit, le fond de la pièce n’est rien; mais la fantaisie s’y étale, si abondante et si spirituelle, la musique est si alerte, si pimpante, si générale en son genre que La Vie parisienne a fait le tour du monde. Albert Vallin, « La Vie parisienne, Compte-rendu analytique », Le Photo-Programme, Revue artistique illustrée, IV, saison théâtrale 1896-1897. La Vie parisienne est donc une photographie de la ville, de ses habitants et de leurs mœurs à la toute fin du Second Empire. Et si la capitale émerveille le touriste pour son art de la fête, le demi-monde, lui, sait se jouer du Tout-Paris. Rien de tout cela n’aura échappé aux auteurs qui, en jouant sur l’inversion des rôles sociaux, décrivent non sans causticité, et parfois même avec sévérité, la société parisienne des années 1860. Dans leur sillage, Valérie Lesort à la mise en scène, accompagnée par Éric Ruf à la scénographie, Vanessa Sannino aux costumes et la troupe de la Comédie‑Française observent ce passé à l’aune du temps présent.





