
La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé
Exposition au Palais Galliera retraçant l'influence du XVIIIᵉ siècle sur la mode féminine et la création contemporaine
Un héritage fantasmé
L'EXPOSITION
Du 14 mars au 12 juillet 2026, le Palais Galliera présente « La mode du 18ᵉ siècle. Un héritage fantasmé ». Plus de soixante-dix silhouettes – dont le corset attribué à Marie-Antoinette – retracent l'influence durable du siècle des Lumières sur la mode féminine et la création contemporaine.
LE SIÈCLE DES LUMIÈRES, UNE RÉVOLUTION DES SILHOUETTES
Le parcours s'ouvre sur l'effervescence créative du XVIIIᵉ siècle. La mode féminine s'y réinvente avec une variété de formes qui rompt avec les codes des époques antérieures. Robe volante aux plis amples vers 1720–1730, robe à la polonaise relevée sur les côtés vers 1770–1775, robe à l'anglaise ajustée à la taille vers 1780–1790 : chaque silhouette témoigne d'une liberté nouvelle du corps.
Les étoffes chatoyantes, les broderies minutieuses et les accessoires raffinés composent des ensembles d'une grande sophistication. Coiffures hautes et ornements précieux parachèvent ces tenues qui célèbrent le mouvement autant que l'élégance.
« La mode du 18ᵉ siècle » au Palais Galliera restitue cette vitalité en plaçant les pièces d'époque au centre du récit. Chaque détail – la brillance d'une soie, la découpe d'un corsage, la retombée d'un pli – rappelle que ce siècle ne constitue pas un simple chapitre historique mais le fondement d'une esthétique durable. La scénographie guide le regard de salle en salle et met en lumière la fluidité des lignes autant que la précision des savoir-faire textiles.
UN HÉRITAGE RÉINVENTÉ AU FIL DES SIÈCLES
Dès le Second Empire, la mode féminine puise dans l'esthétique des Lumières. Dans un contexte de bouleversements politiques et sociaux, le XVIIIᵉ siècle apparaît comme un paradis perdu, un monde d'élégance dont la nostalgie nourrit les créateurs.
Après la Seconde Guerre mondiale, la couture française se tourne à nouveau vers les savoir-faire du luxe développés à cette époque pour asseoir sa légitimité sur la scène internationale. La presse, le cinéma et les arts du divertissement diffusent massivement ces images et transforment cet héritage en un code visuel immédiatement reconnaissable.
Ce corsage de soie, lacé dans le dos et non baleiné, compte parmi les pièces les plus précieuses du Palais Galliera. Un gousset intérieur placé au centre de l'empiècement frontal permettait de glisser un busc de bois rigidifiant uniquement le devant. Son large décolleté et ses mancherons l'apparentent au corps baleiné du grand habit de cour, tenue indispensable pour les dames présentées au roi et à la reine.

