
GLA55
Een terugkeer naar de ‘beginselen’ van een icoon binnen het minimalistische avontuur: Philip Glass. Radicaal en tijdloos onderscheidt deze muziek zich door een paradoxale combinatie van hyperformalisme en een oproep tot trance. Anne Teresa De Keersmaeker sluit opnieuw aan bij een principe dat haar h — Spectacle · Danse
Certaines « œuvres de jeunesse » ont une tonalité toute particulière. Elles ne vieillissent pas, et continuent de nous rappeler la poussée d’énergie et de radicalité qui accompagne l’invention d’un style. Anne Teresa De Keersmaeker décide, aujourd’hui, d’aborder pour la première fois les « débuts » d’un géant de l’aventure minimaliste : Philip Glass. Radicale et intemporelle, cette musique se distingue par un mélange paradoxal d’hyperformalisme et d’appel à la transe. Music in Contrary Motion, Music in Fifths, Music in Similar Motion, Music with Changing Parts : les pièces choisies par De Keersmaeker remontent toutes les quatre à l’année 1969-1970, une période très féconde dans le parcours du compositeur. Elles portent la trace d’une rencontre : lors de ses études à Paris, quelques années plus tôt, Philip Glass avait été engagé comme assistant par le compositeur et sitariste indien Ravi Shankar. Ce dernier lui avait demandé de transcrire sa musique en notation occidentale, ce qui avait été un défi pour lui, mais cela avait finalement été une révélation pour Glass : « J’ai effacé toutes les barres de mesure. Et soudain, j’ai vu le flux du rythme. » (When I took the bar lines away, I saw the flow of the rhythm that I hadn't seen.) C’est à ce moment que le jeune artiste découvre le potentiel d’une musique basée sur une combinatoire de cellules** très brèves. Cette technique permet de créer un flux musical vertigineux et rapide comme un torrent, à la fois répétitif et imprévisible. Un nouveau choc artistique attend Philip Glass à son retour à New York en 1967. Sobriété et réduction sont devenues les mots d’ordre de l’art moderne américain, que défendent des plasticiens comme Sol LeWitt, Richard Serra et Donald Judd. C’est toute cette aventure esthétique qui nourrit le projet GLA55. Anne Teresa De Keersmaeker y renoue avec un mot d’ordre qui a traversé toute sa carrière : exploiter au maximum un matériau abstrait réduit au minimum. À cela s’ajoutent la notion de transe, et l’obsession du tournoiement. Cercles, spirales et ellipses seront les figures majeures de ce spectacle en dix mouvements, ainsi que la courbe que les géomètres appellent le lemniscate , le ∞, le ruban de l’infini. Anne Teresa De Keersmaeker réunit pour l’occasion six danseur·euses de Rosas et les musicien·nes de l’ensemble Bl!ndman, dont les enregistrements de Glass sortis en 2024 (« American Icons ») ont été salués par une critique unanime, ainsi que ses complices de l’ensemble Ictus (... pour leur seizième collaboration !). Iels partageront leurs approches communes de la musique de Philip Glass, à la recherche d’une expérience transcendantale et d’une pratique de la danse qui, à l’instar de la musique qui la porte, « efface toutes les barres de mesure ». • Anne Teresa De Keersmaeker a créé sa première chorégraphie, Asch, en 1980, après avoir étudié la danse à Mudra à Bruxelles et à la Tisch School of the Arts à New York. Deux ans plus tard, Fase, Four Movements to the Musi


















