Performance immersive de la compagnie KMK proposant des écoutes en petits groupes et des actions performées dans l'espace public de Saint-Ouen
Répartis en petits groupes dans différents espaces – cuisine, salle de répétition, cour –, les spectateur·ices sont convié·es à une écoute au casque de capsules sonores. Chaque groupe découvre une version singulière d’une même histoire, inscrite dans les mêmes temporalités, mais racontée différemment selon les lieux. Ainsi, les récits se répondent, se superposent, et composent une perception fragmentée mais cohérente du temps. Ces moments d’écoute, propices à l’abandon et à l’imaginaire, sont régulièrement traversés par des irruptions du réel : voix, musique, déplacements, actions performées. Le spectacle joue alors d’un va-et-vient constant entre immersion intérieure et présence au monde. Sur scène, l’espace se transforme : des portes disparaissent, des murs tombent, des objets circulent, des éléments du quotidien se déplacent ou changent d’échelle. Une plante réapparaît sous différentes formes, des cartons migrent, un cadre redessine le regard. Ces actions, souvent empreintes d’humour et de poésie, viennent en contrepoint d’un récit traversé par des enjeux plus graves. Au cœur du spectacle, une rupture : un déluge provoque l’évacuation et amorce une première disparition du lieu. Plus tard, une seconde bascule accompagne l’effacement progressif de la ville elle-même. Le temps se dilate, les époques se mêlent, et la narration nous projette vers un futur incertain. Peu à peu, le vivant reprend ses droits. La végétation envahit l’espace, la forêt s’installe, l’humain s’efface ou se transforme. Le récit se déplace alors, ouvrant la possibilité d’un monde raconté depuis d’autres formes de vie. Inspiré notamment par la coexistence des temporalités dans Ici de Richard McGuire, la lisibilité scénographique de Dogville, ou encore les superpositions narratives de Tango de Zbigniew Rybczyński, Espérance de vi(ll)e propose une traversée sensible des strates du temps, où passé, présent et futur cohabitent dans un même espace.


