
Dlo Doubout - Exposition
Dlo doubout ! une étude photographique
_**Dlo doubout ! une Ă©tude photographique**_ Quâest ce que lâeau debout ? la canne ! Dlo Doubout ! La rĂ©ponse Ă cette devinette crĂ©ole a donnĂ© lieu Ă une Ă©tude photographique au long cours portant sur les fondements et lâĂ©volution de la sociĂ©tĂ© guadeloupĂ©enne Ă travers le prisme de la canne Ă sucre. Laurent de Bompuis, Daniel Dabriou et Daniel Goudrouffe, tous les trois issus de la photographie documentaire, se sont immergĂ©s Ă travers la Guadeloupe dans ce que le prĂ©sent dit des strates de lâhistoire plantationnaire, qui a structurĂ© toute la sociĂ©tĂ© guadeloupĂ©enne : ses paysages, son Ă©conomie, son organisation sociale, ses savoirs faire, ses cultures. A partir de ce thĂšme commun, chacun a, avec ses images, pris le contrepied du regard habituellement exotisant posĂ© sur lâarchipel, tout en approfondissant sa propre vision quâelle soit politique, sensible, conceptuelle ou poĂ©tique, dessinant une carte intime de la Guadeloupe. Le Musarth â musĂ©e dĂ©partemental dâart et dâhistoire Ă Pointe Ă Pitre, labellisĂ© MusĂ©e de France, accueille une exposition de 45 photographies, extraites de lâĆuvre foisonnante de chaque photographe. Laurent de Bompuis, documente de façon sensible et poĂ©tique diffĂ©rents aspects du patrimoine matĂ©riel et immatĂ©riel de la Guadeloupe liĂ©s Ă la canne Ă sucre, quâil prĂ©sente au Musarth : de la coupe Ă ses modes de transport, des Titans Ă©carlates, rutilants camions dâaujourdâhui, aux voiliers cargo tentant de faire naĂźtre une filiĂšre bas carbone dans le transport du rhum, en passant par les bĆufs tirants, le bĂšf kreyol, qui tient aujourdâhui une place particuliĂšre dans la sociĂ©tĂ© guadeloupĂ©enne.. Les travailleurs eux-mĂȘmes se dĂ©plaçaient dâun champ Ă lâautre sur leur Grena, mobylette mythique la plus vendue dans le monde jusquâen 2002. Elle a trouvĂ© de nouveaux adeptes qui lâentretiennent amoureusement, la customisent, et lui assurent une pĂ©rennitĂ© inattendue. Enfin les lolos, ces petits commerces de proximitĂ© associant Ă©picerie et dĂ©bit de boisson, oĂč les hommes viennent Ă©changer deux mots, quatre paroles, jouer aux dominos et boire un sec sont eux aussi les tĂ©moignages dâun Daniel Dabriou a explorĂ© au fil de l'Ă©tude plusieurs aspects du monde de la canne : ses rouages voraces, ses bĂątisses, ses ruines, avalant les corps des hommes dans leurs ombres et leurs lumiĂšres. Ă travers son objectif, il ouvre un dialogue entre passĂ© et prĂ©sent, entre mĂ©moire collective et expĂ©rience individuelle. Chaque image devient un espace de rĂ©sonance, un fragment d'histoire portĂ© par un objet, une peau, un outil, une matiĂšre. Il s'agit pour lui de rĂ©vĂ©ler des couches invisibles du rĂ©el, de faire apparaĂźtre l'Ă©paisseur du temps dans le quotidien contemporain. Daniel Dabriou photographie les liens entre l'homme, la machine et la terre : vestiges d'usines sucriĂšres, gestes au travail, portraits de travailleurs dans des dĂ©cors industriels chargĂ©s de mĂ©moire. L'homme, dans ce contexte, apparaĂźt comme un rouage essentiel de cette immense machine sociale et industrielle, incarnant Ă la fois la force motrice et la fragilitĂ© face aux grandes dynamiques de production. En studio, il prolonge ce dialogue Ă travers une sĂ©rie de portraits d'hommes et de femmes posant devant une photographie de champs de canne. De cette superposition naĂźt une rencontre symbolique entre les personnes et leur paysage ancestral : le contraste entre les figures contemporaines, vĂȘtues selon leur place sociale, et l'Ă©tendue des cannaies tisse un lien entre mĂ©moire et actualitĂ©, rĂ©vĂ©lant l'Ă©volution de chacun dans cette continuitĂ© historique. La photographie de Daniel Goudrouffe tĂ©moigne des allers-retours permanents entre sa pratique, lâhistoire de la photographie, les thĂ©ories autour de la reprĂ©sentation et de ses recherches techniques pour plier le matĂ©riau au rendu sensible quâil imagine. Il cherche, dans le rĂ©el mais aussi les mĂ©moires et traces immatĂ©rielles de l'histoire longue de la Guadeloupe et de la CaraĂŻbe, des pistes pour panser les plaies toujours Ă vif du territoire et de ses habitants. Il sâintĂ©resse au rapport ambivalent quâentretiennent les populations les peuples caribĂ©ens dâascendance africaine, espace de dĂ©ploiement pour les peuples premiers, horizons de douleur pour ceux arrivĂ©s Ă fond de cale des bateaux nĂ©griers. Une sĂ©rie de Cyanotypes sera prĂ©sentĂ©e en dialogue avec plusieurs tableaux appartenant Ă la collection permanente du Musarth et traitant de la mĂȘme thĂ©matique : les bords de mer et le paysage littoral. Un autre volet sâattache Ă lâhabitation et son systĂšme plantationnaire, liĂ© Ă lâexploitation de la culture de la canne (champs, distilleries, vestiges, etc.). Il constitue un espace oĂč la figure humaine est Ă la fois inscrite et contrainte, au sein de paysages Ă la fois physiques et symboliques. Une sĂ©rie de confĂ©rences donnĂ©es ou animĂ©es par lâun ou lâautre photographe permettra au public dâapprofondir certains thĂšmes abordĂ©s dans leur Ćuvre visuelle. Vernissage le 4 Novembre RĂ©servation obligatoire pour les groupes: [[email protected]](mailto:[email protected])



