Dernier Rivage
Avec Daniel Keene, Rafael Bianciotto
Seul en scÚne de Daniel Keene autour de Ringo, récit intime d'exclusion et de résilience en 70 minutes
Ă onze ans, Ringo portait un uniforme. Aujourdâhui, il vit sur un banc, dans un jardin public. Entre les deux, une vie brisĂ©e. Un soir pourtant, dâune petite radio surgit une chanson des Beatles. Une lumiĂšre dans la nuit. La musique devient refuge, elle berce, elle rĂ©chauffe, elle le tient debout. Seul en scĂšne, accompagnĂ© d'une petite marionnette qu'il s'est fabriquĂ©e, Ringo raconte, avec pudeur et tendresse, ce quâil a traversĂ©. Une parole fragile, directe, portĂ©e par une Ă©nergie de vivre qui rĂ©siste Ă tout.
Daniel Keene donne la parole aux exclus. Une Ă©criture qui cogne, pleine dâhumanitĂ©.
Démarche artistique
En dĂ©couvrant "Dernier Rivage", jâai Ă©tĂ© frappĂ© par la force de vie qui traverse Ringo. ArrachĂ© trĂšs jeune Ă son enfance, il porte en lui une histoire presque impossible Ă dire. Et pourtant, quelque chose en lui rĂ©siste encore : un dĂ©sir fragile mais obstinĂ© de continuer Ă vivre.
LâĂ©criture de Daniel Keene m'a touchĂ© aussi bien par son ĂąpretĂ© que par sa pudeur. Elle suggĂšre sans jamais montrer, laissant affleurer, dans les souvenirs et les silences, une violence contenue.
J'ai choisi une mise en scĂšne sobre : un acteur seul face au public, dans un espace presque nu. Dans ce dĂ©pouillement, la parole de Ringo devient un acte vital. Peu Ă peu surgit une lumiĂšre fragile : celle qui redonne lâĂ©nergie de rester parmi les vivants.
Rafael Bianciotto


