
Rencontre auteurice Sybila Gueneau "Roman noir et luttes sociales"
vendredi 29 mai · 18h30Librairie la Tâche Noire, Krutenau
Rencontre avec Sybila Gueneau à la librairie La Tâche Noire autour de son essai Roman noir et luttes sociales
Rencontre auteurice Sybila Gueneau "Roman noir et luttes sociales"
Après "Le roman noir Une histoire française" de Natacha Levet et "Politiques du polar" de Lucie Amir, la Tache Noire poursuit sont exploration des dessous du roman noir à la française et de son lien étroit avec l'engagement et la critique sociale. Ne ratez sous aucun prétexte la venue de Sybila Gueneau à Strasbourg pour échanger avec elle autour de son essai : "Roman noir et luttes sociales" qui vient de paraître chez Agone.
La 4 de couv' : « Le roman néo-polar ne doit rien cacher de la violence, de l'outrance et de la perversité de l'époque. Il est revendiqué comme un "mauvais genre", développant une esthétique du sordide et du cynique au service d'une critique radicale de la société. À la fois violent, satirique, nihiliste, novateur, ironique, troublant, nauséeux et résolument critique, le néo-polar représente une rupture au sein du paysage littéraire littérature.
Même s'il fut plus punk que gauchiste, plus noir que rouge, plus nihiliste que progressiste, le néo-polar aura inventé de nouvelles manières d'exprimer le dégoût d'une société en déliquescence, en rejetant l'hédonisme consumériste des années 1980. Ses auteurs auront rappelé que le roman policier peut servir à sonder les tourments et les tumultes du monde, et à les entrevoir avec plus de clarté. Si le néo-polar est aujourd'hui quelque peu oublié, c'est peut-être parce que, dans ses pages, la littérature noire ne se réduit pas à un divertissement transgressif : elle est la souffrance d'une société qu'il aurait fallu changer. »
Derrière l'appellation de « néo-polar » se cache toute la dimension sociale de ce mouvement : basé sur le quotidien, sur la question du « pourquoi on tue » plutôt que du « comment on tue », les livres de ce mouvement ont déplacé le curseur : l'engagement politique de leurs auteurs et autrices est indissociable de leurs écritures.
Pourquoi néo ? Parce qu'il s'agit de rompre avec les codes du roman noir « classique » (structure d'enquête, personnage de détective, résolution finale, stéréotypes, etc.), et de porter sur la société un regard critique marqué par les idéologies d'extrême gauche.
Nous sommes juste après Mai 68, et le néo-polar va s'inscrire dans une tradition de réalisme critique : il s'agit d'exposer, par la fiction criminelle, les parts d'ombre de la société, et sa violence. En outre, digne héritier de son temps, ce mouvement brouille la limite entre « populaire » et « légitime ».
Mais alors, le néo-polar : un roman noir de gauche ? Pour dépasser cette définition simpliste Sybila Gueneau parle de « politique du désespoir ». En effet, ses auteurs mettent un point d'honneur à se distancier d'une gauche qui aurait trahi et dont ils ne manquent pas de faire une critique acerbe. À ce titre, le néo-polar est bien une politique du désespoir, et une poétique de l'échec.



