Conférence sur le rôle de l’hospitalité et des politiques urbaines dans l’accompagnement des personnes en souffrance psychique
Au cours de l’histoire, les pratiques d’hospitalité envers celles et ceux considéré·es comme différent·es ont subi de nombreuses évolutions. De l’Antiquité avec un accueil inconditionnel de l’étranger, au Moyen-Âge où la charité s’exerçait auprès des malades et des pauvres dans les asiles et les hospices. C’est à l’époque moderne qu’émerge progressivement une conception de l’accueil proche de celle que nous connaissons aujourd’hui.
La constitution des États-nations marque une rupture : l’hospitalité quitte peu à peu le champ empathique pour entrer dans celui de la loi et des procédures. Elle devient l’objet de politiques publiques et de services nécessitant une forte bureaucratisation et une standardisation des pratiques d’accueil. Dans ce contexte, l’hôpital psychiatrique prend le relais des hospices.
Malheureusement, le système disciplinaire des institutions psychiatriques tendant à l’anonymisation et à l’indifférenciation des hôtes s’est rapidement révélé inhumain et inefficace. Ce sont les luttes contre celui-ci qui ont permis de retrouver le sens de la relation de soins et d’hospitalité avec les personnes souffrant de troubles psychiques : la psychothérapie institutionnelle, la sectorisation des soins en France, la démocratie psychiatrique aboutissant à la fermeture des asiles en Italie. Elles sont toutes marquées par une volonté d’ouverture des soins vers la ville.
Aujourd’hui, c’est encore la ville, dans toutes ses dimensions qui se doit d’accueillir, dans des conditions dignes et attentionnées, les personnes en souffrance psychique. Quel rôle l’hospitalité peut-elle jouer dans la santé mentale des premiers et premières concerné·es ? Comment assurer un continuum entre l’hospitalisation et le retour dans la cité, avec une attention portée au bien-être des personnes isolées ? Comment la ville peut-elle favoriser l’accès au logement, au travail, à la culture et à la vie sociale pour celles et ceux qui sont encore trop souvent confrontés à la stigmatisation ?


