Colloque sur les rééditions et interprétations de Goethe chez Walter Benjamin et leurs liens avec Paris et Baudelaire
Walter Benjamin fait de l’œuvre goethéenne une source essentielle d’inspiration depuis les années 1910, qui marquent le début de son parcours philosophique, jusqu’au projet majeur des Passages parisiens, qu’il laisse inachevé à sa mort. La thèse de doctorat que Benjamin consacre au concept de la critique esthétique dans le romantisme allemand s’achève par un examen de la notion goethéenne de “Urbild” ou “Urphänomen” (image ou phénomène originaire) – notion qui jouera un rôle structurant dans le déploiement de la méthode philosophique de Benjamin, d’Origine du drame baroque allemand aux Passages parisiens. Dans son essai sur le roman de Goethe Les Affinités électives, il présente de façon exemplaire la façon dont il veut refonder la théorie et la pratique de la critique esthétique. L’entrée consacrée à Goethe rédigée pour la Grande Encyclopédie soviétique porte témoignage de la façon singulière dont Benjamin s’approprie et détourne les codes de l’approche matérialiste de l’histoire littéraire. Les recensions des derniers ouvrages portant sur Goethe indiquent la persistance de cet intérêt, tant du point de vue de sa situation existentielle que de l’orientation de son œuvre, jusqu’à la fin dans les années 1930, marquées notamment par son exil parisien. Ces textes sur Goethe – des écrits de jeunesse jusqu’à ses travaux sur Paris – sont connus, mais ont rarement été étudiés comme un ensemble cohérent et dans une perspective transversale : c’est ce qu’entend faire ce colloque, afin de mettre en lumière l’évolution de l’interprétation dont font l’objet l’œuvre de Goethe et la figure goethéenne, tout en situant cette évolution dans le contexte du parcours intellectuel de Benjamin, lui-même éclairé par la situation historique dans laquelle il s’inscrit. Le colloque examinera également la manière dont l’approche méthodologique de Goethe influence les études plus ouvertement matérialistes des années 1930 sur Paris et Baudelaire.





