
Adya & Otto van Rees. Au cœur des avant-gardes
Rétrospective au Musée de Montmartre réunissant peintures, broderies et sculptures d'Adya et Otto van Rees
Au cœur des avant-gardes
L'EXPOSITION
Du 20 mars au 13 septembre 2026, le Musée de Montmartre présente « Adya & Otto van Rees. Au cœur des avant-gardes », première rétrospective en France consacrée à ce couple d'artistes néerlandais. Près d'une centaine d'œuvres – peintures, broderies, sculptures et créations familiales – issues de collections françaises, suisses et néerlandaises composent un parcours chronologique inédit.
AU BATEAU-LAVOIR ET AUX ORIGINES DE LA MODERNITÉ
C'est par l'entremise de Picasso, rencontré au café Le Lapin Agile, qu'Otto van Rees obtient un atelier au Bateau-Lavoir à l'automne 1904. Adya le rejoint en décembre. Tous deux formés dans les académies des Pays-Bas, ils intègrent dès leur arrivée un milieu artistique dense : Braque, Van Dongen, Mondrian et Picasso voisinent avec les écrivains Apollinaire, Max Jacob et Blaise Cendrars. Adya s'était formée à l'académie Blanc-Garin à Bruxelles – l'une des rares institutions artistiques ouvertes aux femmes à l'époque. L'exposition est placée sous le commissariat d'Irène Lesparre, historienne de l'art à la Fondation van Rees, et d'Alice S. Legé, docteure en histoire de l'art et responsable de la conservation du Musée de Montmartre.
Les premières salles réunissent peintures et arts graphiques des années 1904-1914. Les toiles de cette période passent du divisionnisme au cloisonnisme – qu'Adya qualifie de « peinture plate » –, avant d'aborder les premiers élans vers l'abstraction. Un voyage en Italie en 1905-1906 laisse sa lumière sur figures et paysages. Le parcours suit les deux trajectoires en parallèle, sans réduire l'une à l'écho de l'autre.
L'AVENTURE DADA ET LES CERCLES EUROPÉENS
En novembre 1915, Otto et Adya van Rees exposent à la galerie Tanner de Zurich aux côtés de Hans Arp – manifestation aujourd'hui reconnue comme l'un des actes fondateurs de Dada. La Grande Guerre les y a conduits : Adya s'est réfugiée en Suisse avec leurs enfants dès 1914 ; après sa mobilisation dans l'armée néerlandaise, Otto la rejoint en 1915. Elle présente des broderies abstraites, lui ses premiers collages non figuratifs.
Cette broderie en soie de 1915 transpose dans le textile les recherches formelles d'Otto van Rees, créant un dialogue direct entre peinture et arts de la fibre.


