
L'urgence (dé)forme-t-elle la démocratie ?
Journée d’étude doctorale à Rennes sur la construction de l'urgence et ses effets sur la démocratie, 3 décembre 2026.
Journée d’étude — Jeunes chercheeur·euses
L'urgence (dé)forme-t-elle la démocratie ?
Lieu et date : Faculté de droit et de science politique de Rennes, le 3 décembre 2026
Date limite de dépôt des propositions : 10 juillet 2026
Introduction
Emmanuel Macron l’avait promis pendant sa campagne en 2017 : s’il était élu à la présidence de la République, il ferait de la « procédure d’urgence [sic] la procédure par défaut d’examen des textes législatifs afin d’accélérer le travail parlementaire ». Cette volonté de normalisation d’un temps accéléré illustre l’idée selon laquelle l’urgence produit une temporalité spécifique : « on entre dans un certain mode d’être du temps, celui de l’immédiateté, de la vitesse, de la rapidité d’action. » (Bouquet, 2013, p. 130).
Même si l’urgence demeure un concept « [...] difficile à manier théoriquement » (Chollet, 2011, p. 51), elle constitue sans aucun doute une « contrainte temporelle inédite » (Villalba, 2026) aux conséquences particulièrement graves. Elle traduit une forme parmi d’autres de « surcharge du présent» (Laïdi, 1998, p. 9 ; Hartog, 2003), définie comme un « temps impossible » (Chollet, 2011, p. 48). Ce présent peut se manifester par l’avènement d’une situation immédiate, telle qu’une catastrophe d’origine naturelle ou humaine, mais aussi par une situation de crise, caractérisée par une temporalité de long terme (Koselleck, 1988).
L’urgence peut donc être conçue comme une exception (Agamben, 2003), mais également comme une norme, lorsqu’elle se mue en état de fait (Bouquet, 2013 ; Rosa, 2010). Qu’elle soit sanitaire, sociale, climatique, migratoire, voire civilisationnelle, l’urgence n’existe pas en elle-même : elle n’émerge qu’après avoir fait l’objet d’une mobilisation par des acteurs structurés, qu’ils soient issus du secteur public ou de la société civile. La définition même de ce que constitue une urgence fait également l’objet de luttes entre des acteurs aux intérêts divergents.
Pour répondre à ces questionnements, les doctorant·es en science politique de l’Institut de Droit Public et de Science Politique (IDPSP) organisent une journée d’étude le 3 décembre 2026, cherchant à analyser les processus de construction de l’urgence (entendue comme plurielle) et ses conséquences sur la démocratie.














