
Ingeborg Lüscher - Flammes
Monographie et exposition retraçant cinquante ans de pratique d’Ingeborg Lüscher centrée sur le feu, la transformation et la performance
C’est à partir de 1967 qu’Ingeborg Lüscher s’installe au Tessin, en Suisse, et entame sa riche carrière artistique. Jusqu’alors comédienne au théâtre et au cinéma, Lüscher rencontre en Tchécoslovaquie un groupe de dissident.e.s du futur Printemps de Prague et décide de changer de destin. Autodidacte, elle débute une recherche plastique et performative qui ne la quittera plus : le maniement de la force créatrice et indocile du feu. En parallèle, elle développe dès 1969 une pratique photographique unique, documentant notamment la forêt encyclopédique de l’ermite Armand Schulthess qui l’amènera à exposer à la documenta 5 de Kassel (1972) et à rencontrer son compagnon de vie, Harald Szeemann (1933-2005). Dès les années 1975, Lüscher compose également des œuvres conceptuelles et autobiographiques autour du hasard, de l’amour ou des rêves. L’exposition Flammes propose au public de découvrir une généalogie d’œuvres témoins du rapport à l’embrasement que déploie Ingeborg Lüscher depuis ses premiers travaux jusqu’à nos jours. Explorant l’impact du feu sur les matières et les corps, le parcours d’exposition débute par les images d’archive de la performance Feueraktion (Duisburg, 1971). Vêtue d’une tenue de protection ignifugée, Ingeborg Lüscher enflamma une sculpture monumentale de polystyrène, dévoilant la puissance transformatrice des flammes et la condition éphémère et métamorphique de ce qui nous entoure. Les Inboxes, l’une des premières séries d’œuvres de l’artiste, sont constitués de plaques de polystyrène peintes. Les compositions, issues des processus de combustion et d’extinction du feu, font apparaître de nouvelles profondeurs et ouvertures dans les strates. Alors que la potentialité d’une incandescence volcanique à venir ou les traces laissées par les flammes se rencontrent dans les sculptures de souffre et les peintures de cendres (dès les années 1980), la vidéo La Pupa Proibita (2006) rappelle la puissance infinie du corps féminin dans une chorégraphie



















