
Le Mystère Ophelia
Pièce théâtrale mêlant théâtre, peinture et poésie sur le destin tragique de Lizzie Siddal, modèle d'Ophelia.
Non, ce n'est pas une légende, c'est arrivé. Nous sommes à Londres en 1850, Lizzie Siddal, célèbre pour l'éclat de sa chevelure cuivrée, pose pour ce qui est aujourd'hui encore le tableau le plus célèbre d'Angleterre : Ophelia, inspiré de Shakespeare. Mais en prêtant ses traits à cette héroïne tragique, Lizzie scelle sa propre malédiction. Peu à peu sa vie rejoindra étrangement celle du personnage d'Ophélie.
À travers son amour fou et destructeur avec le peintre Rossetti, cette pièce, mêlant Théâtre, Peinture, Cinéma et Poésie, retrace son destin troublant et nous plonge dans l'un des plus envoûtants mystères de l'histoire de l'art.
Avis du public
7Ce qu'en ont pensé les spectateurs sur BilletRéduc.
Superbe !
La pièce raconte le destin d'Elizabeth Siddal, artiste et muse du peintre Dante Gabriel Rossetti, et de leur couple. L'histoire se cristallise autour du célèbre tableau Ophelia du peintre John Everett Millais, ami du précédent pour lequel Elizabeth posa et, au presque instar du personnage d'Hamlet qu'elle incarne sur la toile, faillit en mourir. Une histoire que je ne connaissais pas du tout et que j'ai pris un très grand plaisir à découvrir et voir jouée par les excellentes Céline Devalan et Romain Arnaud-Kneisky. Jusqu'où peut-on aller par amour de l'art ? L'immortalité vaut-elle la peine de prendre le risque de mourir — ou, pire, de dépérir ? Car si la beauté de la peinture est d'arrêter l'inarrêtable en figeant le temps, une telle magie n'a pas d'emprise sur les simples mortels que nous sommes. La vie est de ces artistes jamais satisfaits de leur oeuvre : elle revient nous peindre, encore et encore, par petites retouches successives, corrigeant, altérant, transformant... au point de ne plus laisser, au bout de quelques mois, années ou décennies, qu'un vague souvenir de celui ou celle que nous avons été, enterrant avec elle ou lui les promesses faites à l'âge où l'on se croit, comme un tableau, éternel, pensant que nos rêves et nos convictions sont immuables... À ces thèmes profonds, la pièce allie une esthétique remarquable : j'ai beaucoup aimé les costumes et le travail sur la lumière, superbe et soulignant magnifiquement la majesté des toiles projetées sur un rideau fait de fines cordes qui leur donnent un côté ondulatoire et féérique rappelant le ruisseau dans lequel se noie Ophélie. Première pièce de cette édition 2025 du festival pour moi, et quelle entrée en matière ! Un grand bravo.



















