
Voir Tahiti. Premières photographies 1859-1870
Avec Auguste Bartholdi, Désiré Charnay, Gustave Viaud, John Beasley Greene, Julien Viaud, Paul-Emile Miot, Pierre Loti, Pierre Trémaux, Teriimaevarua II
Exposition au Quai Branly présentant les premières photographies prises à Tahiti (1859–1870) par Gustave Viaud et Paul‑Émile Miot
Exposition Voir Tahiti. Premières photographies 1859-1870
Du 29 septembre 2026 au 31 janvier 2027
Le musée a acquis en 2023 un ensemble exceptionnel de photographies qui sont les toutes premières réalisées en Polynésie française, entre 1859 et 1870, par deux officiers de marine. L’ensemble des photographies prises par Gustave Viaud entre 1859 et 1862 est formé de négatifs sur papier parfois accompagnés de leur tirage sur papier salé. Il a été acquis auprès de la famille Loti-Viaud dans les années 1990. Conservées depuis par le même collectionneur, ces images n’ont jamais été exposées.
Gustave Viaud est le frère aîné de Julien Viaud, connu sous le nom de Pierre Loti. Gustave Viaud est un personnage clef dans la passion de l’écrivain pour l’exotisme. Il est surtout un acteur méconnu des débuts de la photographie. Chirurgien de marine affecté à Tahiti en juin 1859, il se procure rapidement du matériel photographique afin de s’exercer à ce nouveau mode de représentation. Il utilise le négatif sur papier, comme ont pu le faire dans les mêmes années Pierre Trémaux au Soudan, Auguste Bartholdi et John Beasley Greene en Egypte ou Désiré Charnay au Mexique. Ses images, essentiellement des paysages, montrent des compositions maîtrisées, jouant parfois avec les mouvements des végétaux dans le vent. Il réalise également un exceptionnel portrait de Teriimaevarua II, reine de Bora Bora.
Paul-Emile Miot, marin reconnu dès les années 1850 comme un excellent photographe, exerce ses talents dans différents lieux du monde. Dix ans après Viaud il passe par Tahiti et les Marquises lors de deux séjours en 1869 et 1870. Il y réalise de nombreux portraits et paysages en utilisant les négatifs sur verre au collodion. Ses images caractérisent un point de vue marin, montrant notamment les côtes. Mais Miot photographie également la société polynésienne et notamment la famille royale. Ses images portent la marque d’un photographe aguerri mais aussi d’un œil que l’on peut qualifier rapidement de moderne, avec un sens de la composition affirmé.
En une décennie ces deux ensembles d’images offrent un matériau saisissant sur un territoire qui sera largement photographié par la suite. Le parti pris proposé par les commissaires de l’exposition est de s’appuyer largement sur ces négatifs pour mettre en avant leurs qualités graphiques, tout en s’autorisant à recourir à des agrandissements et des transformations en positifs, mais en exposant également des tirages anciens.



















