
Épuiser les soleils
La sœur d’Héloïse Ravet est consommatrice de drogues et vit, depuis 25 ans, un peu dans la rue, un peu chez des gens, un peu dans des squats. Héloïse n’a jamais su comment aborder ce sujet. Les disparitions perpétuelles, l’impossibilité d’en parler au sein de la société et l’indifférence, souvent gé — Théâtre · Théâtre
De la Porte de Hal aux bords de Meuse, de Marseille à n’importe quelle bourgade, les usagers et usagères de drogues que l’on croise transportent au creux de leurs poitrines des mondes, des soleils ravagés et ravageurs, mais franchement inépuisables au regard de la violence de leur réel. Ces personnes ne forment pas un grand groupe faisant foule. Elles ont aussi, chacune, une trajectoire qui leur est propre, des liens qui sont les leurs. Héloïse Ravet tire l’un de ces fils pour faire surgir de cette foule une femme, une sœur – sa sœur, Yolande –, une fille, une amie, une amoureuse, une citoyenne. Raconter cette ligne de fuite qu’est la vie de sa sœur pour lutter contre l’indifférenciation qui condamne toute personne à la marge de la société. Sans faire d’angélisme face à la drogue, de moralisation ou de condamnation. Mais en tenant tout simplement compte de cette réalité-là, en dépliant ce morceau du réel.
À partir d’entretiens qu’elle a récoltés auprès de sa sœur, Héloïse Ravet crée une matière vivante pour faire « entendre » la voix de celle-ci. La jeune metteuse en scène monte aujourd’hui au plateau et utilise les possibilités infinies du théâtre. Entourée de deux comédiennes, elles travaillent, à travers le punk ou le gothique, les rêveries, les violences, les fantasmes, les vies multiples de Yolande, pour démonter l’idée tenace qu’une vie dans la drogue est une vie perdue. Ces tableaux traités comme des « hallucinations » permettent de décharger la violence de ce qu’elle nomme. Même si la vie de sa sœur est violente, elle n’en est pas moins chargée de poésie et de symbolisme, comme toute vie. Yolande est vivante et, chaque soir, cette vérité éclate au visage de tou·tes.
Distribution : Une production de Saintes Patronnes et BLOOM Project | En coproduction avec Théâtre Les Tanneurs, Kinneksbond – Centre Culturel Mamer, La Coop asbl et Shelter Prod | Une production déléguée du Théâtre Les Tanneurs | Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Direction du Théâtre, Taxshelter.be, ING et Tax Shelter du gouvernement fédéral belge.


















