
s3lf.tech
Exposition vidéo et net art d’Émilie Brout & Maxime Marion explorant les formes visuelles du web, l’identité et la fiction numérique
Émilie Brout & Maxime Marion observent la manière dont les formes visuelles du web modèlent nos imaginaires, nos comportements et nos attachements. Entre vidéo, installation et net art, iels travaillent les images comme des espaces de projection, de circulation et de fiction, où se rejouent les liens entre intimité, désir, marchandise et technologie.
_s3lf.tech_ constitue le premier volet d’un ensemble développé à la suite de la résidence des artistes à la Villa Kujoyama au Japon en 2025, et présente un ensemble d’installations vidéo, d’objets et de prolongements en ligne. Au cœur de l’exposition, la figure de Grim3s, librement inspirée de l’univers de la popstar Grimes, cristallise plusieurs contradictions propres aux cultures numériques contemporaines : promesse d’empouvoirement, fantasme techno-utopique, marchandisation de l’intime, et glissements idéologiques souvent troubles.
Le projet prend notamment appui sur www.elf.tech, outil créé par la chanteuse qui permet de convertir n’importe quelle voix en la sienne, et dont Émilie Brout & Maxime Marion prolongent ici la logique dans une fiction de démultiplication de soi. Grim3s tente d’y émerger comme idole virtuelle au sein d’un écosystème saturé, grâce à une technologie qui décuple la présence jusqu’au vertige, à la dissociation et à l’épuisement.
Autour d'elle gravitent d'autres œuvres qui interrogent ce que signifie s'identifier à une image, habiter un personnage ou s'attacher à une présence virtuelle — objets techniques, effigies, avatars et corps fictionnels qui se répondent dans un ensemble volontairement instable. En prenant pour point de départ le VTubing, la fan-fiction, les cultures de la customisation ou encore les communautés de BJD, les artistes explorent différents modes de projection de soi et les régimes de présence intermédiaires qui refaçonnent l'identité.
Le titre _s3lf.tech_ fait écho à l’idée de « techniques de soi » transposée aux environnements numériques, leurs interfaces, leurs objets, leurs fictions et leurs modalités d’incarnation. L’exposition déploie un univers à la fois séduisant et inquiet, où les frontières entre authenticité, fiction et reproduction deviennent de plus en plus poreuses.













