
Marilyn. Portrait d’une enfant radieuse
Avec Arthur Miller, Jérôme GODEAU, Marilyn Monroe, Norma Jean, Sam Shaw, Truman Capote
Exposition de portraits photographiques de Marilyn Monroe par Sam Shaw, capturant intimité et vulnérabilité (1954–1958).
Trop de mots, trop de clichés, d’épreuves tirées à l’infini, commentées à satiété. La blonde platinée la plus exposée au monde. Et cependant dans les portraits que le photographe new-yorkais a pris de l’actrice entre 1954 et 1958, quelque chose nous est signifié du mystère.
De l’intensité d’une vie. De sa beauté. Et de sa vulnérabilité. La première rencontre date du tournage de Viva Zapata!, au moment où Sam Shaw commence à travailler pour divers studios de l’industrie cinématographique. Ils se lient d’amitié.
À certains égards, ils sont compagnons d’armes. Dans l’arène du cinéma – « Tout le monde dit que je ne sais pas jouer. » – , le photographe contribue indéniablement à la performance de Marilyn. Elle se sent en confiance sous le regard de Shaw. Toute à la ferveur de ses amours naissantes avec l’écrivain Arthur Miller, son troisième mari, elle ne porte plus son cœur en bandoulière.
Les photographies réunies entre ces pages sont autant d’images solaires : Marilyn au studio dans le rôle-titre de Marilyn – bouche rouge rubis, barbe à papa de boucles plus blondes que blondes… De toutes les prises de vue réunies dans cette petite anthologie, celles opérées à Roxbury, la propriété de Miller dans le Connecticut, sont inoubliables. Rien de spectaculaire au demeurant. Des moments d’intimité heureuse. Mais le regard de Shaw n’a jamais été aussi tactile, jusqu’à nous faire éprouver la pâleur crémeuse de cette peau de lait frais, pénétrer le halo de douceur et d’abandon de ce visage livré à lui-même.
Au verso d’un des tirages où le couple est adossé un arbre, Marilyn avait noté : « Les films, c’est mon affaire, mais Arthur c’est ma vie » – Voire. La frontière est labile, poreuse pour celle qui s’expose, jusqu’au vertige, à l’art du dédoublement. Les images de Marilyn à sa coiffeuse, adonnée à la cérémonie rituelle du maquillage, offrent une troublante mise en abîme où se révèlent à la fois la distance et la proximité entre elle et l’Autre.
















