
Forever Pavot
Concert de Forever Pavot présentant le nouvel album Melchior, pop électro aux teintes cinématographiques
Emile Sornin a un robot dans sa vie. C’est pas de l’amour, c’est pas de l’amitié non plus, et c’est chez Born Bad que Forever Pavot sort un album pour en parler.
Après quelques albums de studio bravement pop, ainsi qu’une petite collection de BO, Emile a eu besoin d’un break. Pour y mettre fin, en bon flemmard hyperactif, avec Jonas Euvremer, il s’est lancé dans la fabrication d’un automate dont la fonction était de lui simplifier la vie. Melchior, qui donne son nom au disque, a une gueule de mannequin de ventriloque, deux mains gauches, des fringues preppy, et un cerveau de silice. Ce cousin boy-scout de Bender doit se fader les entretiens et les réseaux sociaux à la place d’Emile Sornin, prendre la lumière pour lui garantir une sieste à l’ombre.
Le plan a marché admirablement : Melchior gère la promo, et son existence même a remis notre homme au boulot. Ce nouvel album, c’est un dérapage controlé sur l’échangeur qui connecte son dernier disque « L’idiophone », à une nouvelle artère nettement plus phat et quasi totalement anglophone. Pur cholestérol sous les peaux, et basse subcontinentale dans nos visages : ce disque a été electroniqué savamment par Melchior.
Le demiandroïde partage d’ailleurs avec Sornin les crédits de composition et les parties vocales de ce disque, vocodées savamment, avec du beau linge en featuring. Pas jaloux, il laisse la place à une invitée de choix sur « UFO » et « Waiting for the sign » : l’increvable Lispector, Julie Margat, qui chante et cosigne les paroles de ces deux bang-bangers. Kumisolo a aussi envoyé « Postcard ». Domotic, qui mixe et coproduit, co-frappe sur « Count to 10 », crossover hip-hop kraut.
Petite révolution, Forever Pavot, jadis quasi big-band en concert, tournera en trio basse batterie clavier-chant, avec Melchior en guest. Emile Sornin a beau salement se dévergonder, Pavot reste lié à une certaine tradition de la musique de cinéma des trente glorieuses, avec des échos à Ennio Morricone et François de Roubaix.
(Note: texte d'accroche du concert / album)

























